Introduction
Les relations entre le fascisme italien et les Juifs ainsi que le sionisme ont longtemps été déformées tant par les historiens traditionnels que par les opposants idéologiques, qui privilégient des récits simplistes faisant état d’un racisme généralisé ou d’un philo-sémitisme. En réalité, le fascisme des débuts était particulièrement inclusif envers les Juifs italiens : ceux-ci étaient surreprésentés au sein du mouvement par rapport à leur infime part de la population (environ 0,1 %), les Juifs représentant près de 6 % des fondateurs sansepolcristes de 1919 et 21 % des participants à la réunion de Bologne de 1925 sur la culture fasciste. Le nombre de membres juifs au sein du Parti national-fasciste (PNF) était deux à trois fois supérieur à leur poids démographique, et des milliers d’entre eux ont adhéré entre 1928 et 1933 à des taux comparables à ceux des non-juifs. Des fascistes juifs de premier plan, tels que Margherita Sarfatti, Gino Arias et d’autres, occupaient des postes influents. Le régime de Mussolini d’avant 1938 ne ressemblait pas au modèle nazi ; l’opposition aux Juifs était avant tout politique et culturelle, et s’articulait autour de l’anticommunisme, de l’anti-internationalisme bourgeois et, surtout, du rejet du sionisme en tant que force favorisant la double allégeance et servant l’impérialisme britannique.
Ce contexte est essentiel pour comprendre l’antisionisme du fascisme non pas comme une haine irrationnelle, mais comme une realpolitik cohérente enracinée dans des ambitions méditerranéennes et des principes anti-impérialistes. Ce qui suit constitue le compte rendu complet de cette position, depuis les premiers écrits de Mussolini jusqu’au soutien concret à la résistance palestinienne — démontrant comment l’Italie fasciste est devenue le premier État européen à soutenir matériellement la lutte arabe contre le mandat britannique et la colonisation sioniste.
La position de Mussolini contre l’impérialisme britannique et la colonisation sioniste en Palestine
Le fascisme italien sous Benito Mussolini a forgé une ligne antisioniste claire et cohérente dès ses premières années au pouvoir. Il ne s’agissait jamais d’une simple idéologie abstraite, mais d’une politique géopolitique et anti-impérialiste concrète qui considérait le sionisme comme un outil britannique visant à dominer la Méditerranée orientale aux dépens de l’Italie. L’Italie fasciste rejeta la logique de la déclaration Balfour, s’opposa aux mandats de la Société des Nations et soutint activement la résistance arabe en Palestine pour bloquer l’immigration juive et le projet sioniste. Les actions du régime — rhétoriques, diplomatiques et matérielles — témoignaient de sa solidarité avec les Arabes palestiniens contre ce qu’il considérait comme une perturbation imposée de l’extérieur et une manipulation démographique en Terre Sainte.
Mussolini avait posé ces fondements avant même la Marche sur Rome. Dans un article publié dans Il Popolo d’Italia le 19 octobre 1920, il fit directement référence à la «position antipatriotique du sionisme», le présentant comme une force qui sapait les loyautés nationales et servait des puissances extérieures plutôt que l’autodétermination véritable. Cette critique s’accentua au Parlement. Dans son discours à la Chambre le 21 juin 1921, Mussolini déclara :
« Nous devons choisir ; le gouvernement doit avoir son propre point de vue. Soit il choisit le point de vue sioniste anglais, soit il choisit celui de Benoît XV… Or, alors que les nations civilisées de l’Occident n’ont pas modifié le régime commun de liberté pour les différentes confessions religieuses, en Palestine, c’est le contraire qui s’est produit, notamment parce que l’administration de cet État embryonnaire a été confiée à l’organisation politique du sionisme. » (Benito Mussolini, discours à la Chambre, 21 juin 1921).
Quelques semaines plus tard, le 7 juillet 1921, Il Popolo d’Italia publiait Les Arabes contre les Juifs en Palestine : nouveaux massacres. L’article présentait les émeutes de Jaffa comme la conséquence directe de l’intrusion sioniste soutenue par les Britanniques, là où une coexistence pacifique entre Arabes, chrétiens et juifs avait prévalu pendant des siècles sous la domination ottomane. Il attribuait l’entière responsabilité à l’Angleterre et identifiait le sionisme comme un instrument de l’impérialisme britannique qui avait brisé le fragile équilibre de la région et provoqué une résistance arabe inévitable :
« Le sang qui coule actuellement en Palestine est la faute de l’Angleterre. Comme l’a souligné Mussolini au Parlement, dans son discours antisioniste, le sionisme est devenu un instrument de l’impérialisme britannique. Pendant de nombreux siècles, la Palestine a connu la tranquillité. Les Arabes, les chrétiens et les Juifs coexistaient pacifiquement. Mais aujourd’hui, la Palestine est devenue le théâtre de batailles sanglantes. Vous pouvez remercier la « merveilleuse » diplomatie de l’Entente pour cela ! » (Les Arabes contre les Juifs en Palestine : de nouveaux massacres, Il Popolo d’Italia, 7 juillet 1921)
En 1922, Mussolini étendit cette critique à un rejet total de l’ensemble du système des mandats dans son article L’Italie et la liberté pour la Syrie, publié dans Il Popolo d’Italia le 16 juin 1922. Il condamna les mandats anglo-français comme «un véritable abus de pouvoir ; une véritable fraude», invalidés par l’effondrement du Traité de Sèvres et en violation des limites imposées par le Pacte de la Société des Nations à l’«aide et aux conseils» temporaires. La Palestine fut désignée comme le point d’ancrage anglais, rendu possible précisément par le sionisme :
« Le plan de la France consiste à transformer la Méditerranée orientale — à l’exception de la parenthèse anglaise qu’est la Palestine, même si c’est par le biais du sionisme, que les colonisateurs juifs eux-mêmes combattent farouchement — en une mer presque entièrement française. » (Benito Mussolini, L’Italie et la liberté pour la Syrie, Il Popolo d’Italia, 16 juin 1922)
Mussolini avertit que la ratification de ces mandats déclencherait des troubles sanglants sans fin, détruirait toute possibilité de reprise du commerce italien dans la région et étendrait la domination anglo-française (et par extension sioniste) au détriment direct de l’Italie. Il opposa la capacité de civilisation de nations arabes comme la Syrie, unifiées par la race et la langue, riches en écoles, universités et entreprises — à leur réduction à l’état de colonies gouvernées par la terreur sous domination française et britannique. Le message était sans ambiguïté : l’Italie fasciste ne serait pas un complice passif. Soutenir les mandats revenait à approuver le sionisme comme un levier de l’impérialisme britannique en Palestine, nuisant tant aux intérêts italiens qu’à la stabilité méditerranéenne. Le Parti fasciste et le Parti populaire s’unirent contre la ratification, donnant des instructions aux représentants de l’Italie à la Société des Nations.
Cette opposition précoce trouvait ses racines dans les instincts anticolonialistes révolutionnaires du fascisme lui-même. Le sionisme n’était pas considéré comme une aspiration nationale légitime, mais comme un instrument politique accordant un pouvoir administratif excessif aux organisations juives sous l’égide britannique, sapant ainsi les libertés religieuses, l’autonomie locale et l’ordre naturel de la région. L’Italie de Mussolini a toujours présenté la question palestinienne comme un combat de résistance contre une colonisation imposée, où les griefs arabes contre l’immigration juive et l’acquisition de terres constituaient des réactions légitimes à une ingérence étrangère. Cette politique s’est renforcée au cours des années suivantes. En 1928, Mussolini a abordé de front les implications du sionisme pour les Juifs italiens et la souveraineté nationale :
« Il existe un problème juif, et il ne se limite plus à cette sphère obscure. » (Benito Mussolini, Les sionistes, Il Popolo di Roma, 16 décembre 1928)
Cette reconnaissance s’inscrivait dans la critique plus large du fascisme : le sionisme favorisait une double allégeance et des complications internationales qui entraient en conflit avec la souveraineté nationale et les réalités régionales en Palestine. Elle faisait écho aux avertissements antérieurs concernant la « position antipatriotique du sionisme » et aux risques qu’un État juif faisait peser sur la loyauté des Juifs italiens envers la patrie. L’Italie fasciste entretint une brève association tactique avec certains éléments sionistes révisionnistes, notamment sous la direction de Vladimir Jabotinsky. Cela comprenait l’accueil éphémère de l’Académie navale du Betar à Civitavecchia (1934–1937) et des déclarations occasionnelles qui semblaient soutenir les objectifs sionistes.
Par exemple, lors de conversations liées à ces contacts, Mussolini aurait déclaré à des intermédiaires :
«Vous devez créer un État juif. Je suis sioniste, et je l’ai dit au Dr Weizmann. Vous devez avoir un véritable pays, pas ce ridicule foyer national que les Britanniques vous ont proposé. Je vous aiderai à créer un État juif.» (Benito Mussolini rapporté dans le contexte de rencontres avec des personnalités sionistes, vers 1934–1935)
Et plus tard, en 1943, pendant la République sociale italienne, alors que Mussolini gouvernait sous la forte influence allemande après son sauvetage de la prison, il aurait déclaré :
«Je suis sioniste. J’ai toujours été sioniste.» (Benito Mussolini, rapporté par Luigi Preti).
Pourtant, ces déclarations doivent être comprises dans le cadre géopolitique plus large de l’Italie fasciste plutôt que prises au pied de la lettre comme la preuve d’un engagement sincère envers le projet sioniste. L’engagement tactique occasionnel du régime auprès d’organisations sionistes s’inscrivait principalement dans le contexte d’une volonté de saper l’autorité britannique en Palestine pendant les périodes de tension entre les factions sionistes et le mandat britannique, tandis que l’Italie continuait simultanément à exprimer son soutien à des formes d’autonomie arabe opposées à la domination de l’Entente. Même parmi les fascistes juifs fidèles au régime, l’antisionisme était souvent prononcé. Un exemple révélateur est celui d’Ettore Ovazza, fervent fasciste juif et fondateur de la revue La Nostra Bandiera (« Notre Drapeau »), une publication vouée à la défense du fascisme tout en attaquant le sionisme comme incompatible avec la loyauté nationale italienne. L’ouvrage ultérieur d’Ovazza, Sionismo Bifronte, dépeignait également le sionisme comme politiquement hypocrite et subversif plutôt que comme un mouvement national légitime. L’existence de fascistes juifs ouvertement antisionistes souligne à quel point l’opposition au sionisme au sein de l’Italie fasciste était liée non seulement à la politique raciale, mais aussi à la conception de l’unité nationale du régime, à la géopolitique anti-britannique et à l’hostilité envers les loyautés politiques supranationales.
« La carte sioniste avait perdu de sa valeur aux yeux des fascistes : l’alliance avec l’Allemagne, une politique pro-arabe et un accord méditerranéen avec l’Angleterre avaient modifié la vision que le Palazzo Chigi avait de la Palestine. Les efforts de ces Juifs qui, sentant la tempête s’amonceler au-dessus de leurs têtes, tentèrent de la conjurer en essayant de convaincre d’importants dirigeants fascistes que l’Italie pourrait enfin remplacer la Grande-Bretagne au sein du mandat sur la Palestine, n’aboutirent à rien. » (Renzo De Felice, Les Juifs dans l’Italie fasciste : une histoire)
Dans ce contexte, les remarques de Mussolini, qui semblaient favorables au sionisme, relevaient davantage d’un calcul instrumental et stratégique que d’un soutien idéologique. Les contacts limités du régime avec les organisations sionistes visaient moins à soutenir le projet sioniste lui-même qu’à exploiter les fractures au sein de la sphère impériale britannique pour en tirer un avantage géopolitique pour l’Italie. Ces remarques étaient strictement instrumentales et liées à l’objectif du régime d’encourager l’émigration ou la déportation des Juifs d’Italie. Ces contacts limités servaient de moyen pragmatique pour faciliter le départ des Juifs de la péninsule tout en plaçant potentiellement des éléments pro-italiens en Palestine afin de saper le contrôle britannique. Elles ne reflétaient pas un véritable soutien au projet sioniste dominant sous le mandat britannique, ni ne modifiaient l’opposition fondamentale du régime à la colonisation sioniste en Terre Sainte.
Cette politique ne resta pas au stade de la rhétorique. Au milieu des années 1930, en particulier après que la campagne d’Éthiopie eut exacerbé les tensions avec la Grande-Bretagne, l’Italie fasciste passa à une solidarité concrète avec la révolte arabe palestinienne de 1936-1939. Comme l’a souligné l’historien Stefano Fabei :
« Il faut dire que l’Italie (fasciste) a été le premier État européen à soutenir concrètement la lutte de libération du peuple palestinien contre le mandat britannique et le projet sioniste en Terre Sainte… L’Italie fasciste a soutenu la résistance palestinienne… Cela contredit ce qu’affirme la gauche internationaliste, qui prétend avoir été la première à soutenir la cause palestinienne. » (Stefano Fabei, Mussolini e la resistenza palestinese)
Ce soutien comprenait des démarches diplomatiques auprès des nationalistes irakiens dans le cadre d’une stratégie plus large visant à renforcer les forces arabes opposées à l’impérialisme britannique et à la colonisation sioniste dans toute la région. Entre le 10 septembre 1936 et le 15 juin 1938, l’Italie a versé environ 138 000 livres sterling au Grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, chef du soulèvement contre les forces britanniques et l’immigration juive. Il s’agissait d’une somme considérable, décidée personnellement par Mussolini au lendemain de la guerre d’Éthiopie :
« Entre le 10 septembre 1936 et le 15 juin 1938, l’Italie fasciste a versé au Grand Mufti de Jérusalem, qui menait le soulèvement du peuple palestinien contre les forces militaires britanniques et contre l’immigration juive, environ 138 000 livres sterling, une somme considérable à l’époque. Cette contribution financière fut décidée par le Duce au lendemain de la guerre en Éthiopie, non seulement «en raison de la position adoptée par l’Italie vis-à-vis du nationalisme arabe, et pour contrarier les Anglais», mais aussi en hommage aux positions anticolonialistes du socialiste révolutionnaire Mussolini et du fascisme des débuts. Outre l’argent, le ministère des Affaires étrangères décida d’envoyer aux moudjahidines palestiniens un important chargement d’armes et de munitions, initialement destiné au Négus, mais acheté en Belgique par l’intermédiaire de la SIM. Ce matériel, entreposé pendant près de deux ans à Tarente, était censé parvenir aux Palestiniens par l’intermédiaire de saoudiens engagés dans la première grande intifâda visant à renverser le royaume hachémite de Transjordanie, à mettre fin au protectorat britannique, à empêcher l’arrivée d’autres Juifs et à faire échouer le projet sioniste en Terre Sainte. » (Stefano Fabei, Mussolini e la resistenza palestinese).
En 1937, les efforts se sont intensifiés pour mener à bien les livraisons d’armes, avec une planification détaillée visant à acheminer des armes d’origine belge vers les combattants palestiniens via l’Arabie saoudite. Ces liens diplomatiques et logistiques s’étendaient aux canaux irakiens, où l’Italie cultivait des relations avec des nationalistes arabes anti-britanniques afin d’amplifier la pression contre le mandat et la colonisation sioniste. Les armes et le financement, visant explicitement à mettre fin au protectorat britannique, à stopper toute nouvelle immigration juive et à bloquer entièrement le projet sioniste, constituaient une action antisioniste délibérée. L’Italie fasciste cherchait à rivaliser avec l’action allemande auprès des nationalistes arabes tout en ravivant ses propres principes anti-impérialistes pragmatiques. Les contacts secrets avec le mufti et le soutien financier et logistique tangible représentaient la forme la plus concrète de l’implication italienne dans la déstabilisation du contrôle britannique par le biais du soulèvement palestinien. Il s’agissait d’un prolongement cohérent de la position des années 1920 : le régime de Mussolini agissait pour défendre l’autonomie arabe et empêcher la consolidation d’une entité sioniste soutenue par les Britanniques en Palestine.
« Le mouvement arabe en Palestine est légitime ; l’Italie fasciste reconnaît son droit à résister à la colonisation sioniste et à la domination britannique. » (Benito Mussolini, cité dans Fascist Italy and The Middle East de N. Arielli).
Conclusions
L’antisionisme du fascisme italien n’était donc ni fortuit ni contradictoire, mais cohérent, évolutif et, en fin de compte, orienté vers l’action. Depuis les premiers écrits de Mussolini dans Il Popolo d’Italia jusqu’aux initiatives diplomatiques et militaires de la fin des années 1930, le régime a toujours interprété la question palestinienne à travers le prisme de la géopolitique méditerranéenne, de la stratégie anti-britannique et de l’hostilité envers la restructuration coloniale imposée au Proche-Orient. Le sionisme n’était pas considéré comme une expression authentique de l’autodétermination nationale comparable aux mouvements nationaux européens, mais comme un instrument politique opérant sous la protection impériale britannique et menaçant à la fois l’autonomie arabe et l’influence italienne en Méditerranée orientale.
Cela explique le paradoxe apparent des déclarations occasionnelles de Mussolini semblant favorables au sionisme, alors que l’Italie fasciste finançait et armait simultanément la résistance palestinienne contre la colonisation sioniste et la domination britannique. Les brefs contacts tactiques du régime avec des éléments sionistes révisionnistes n’ont jamais équivalu à un soutien idéologique au projet sioniste au sens large. Ils reflétaient plutôt une tentative pragmatique d’exploiter les divisions au sein de la sphère impériale britannique, d’encourager l’émigration juive depuis l’Italie et de cultiver potentiellement un levier anti-britannique au sein même de la Palestine. Même parmi les fascistes juifs convaincus tels qu’Ettore Ovazza, l’antisionisme restait prononcé, ancré dans la conviction que le sionisme favorisait des loyautés supranationales incompatibles avec la conception fasciste de l’unité nationale et de la souveraineté de l’État.
La trajectoire générale de la politique fasciste restait sans équivoque. Le fascisme italien rejetait les mandats de la Société des Nations, les qualifiant de mécanismes frauduleux de domination anglo-française, dénonçait la colonisation sioniste comme une intrusion coloniale déstabilisatrice et présentait ouvertement la résistance arabe comme une opposition légitime à l’ingénierie démographique étrangère en Terre Sainte. Cette position a dépassé le stade de la rhétorique pour se traduire par un soutien matériel direct au soulèvement palestinien de 1936-1939, par le biais de financements, d’une coordination diplomatique et de tentatives d’acheminement d’armes visant à mettre un terme à la poursuite de l’immigration juive et à affaiblir le contrôle britannique sur la Palestine. En ce sens, l’Italie fasciste, puis l’Allemagne nazie, furent les premiers États européens à soutenir matériellement la lutte nationale palestinienne contre le mandat britannique et le projet sioniste.
Les archives historiques reconstituées à partir des discours de Mussolini, de la presse fasciste, des initiatives diplomatiques et des travaux d’archivage des historiens révèlent un régime dont l’antisionisme ne peut être réduit à de simples récits d’animosité raciale irrationnelle. Il est au contraire issu d’une fusion entre pragmatisme anti-impérialiste, intérêts stratégiques méditerranéens, nationalisme et solidarité avec les mouvements arabes résistant à la domination anglo-française. Quelles que soient les ambiguïtés tactiques apparues occasionnellement dans les manœuvres diplomatiques, l’orientation constante de la politique fasciste est restée l’opposition à la consolidation d’un État sioniste soutenu par les Britanniques en Palestine et le soutien aux forces cherchant à empêcher sa réalisation.
Source : The Anti-Sionism of Italian Fascism
