Communiqué de la rédaction de Rébellion. Les émeutes du 17 octobre 2026 : analyse et orientation pour les révolutionnaires patriotes

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Publié à titre informatif, la rédaction de VoxNR ayant une analyse différente de la place et du rôle du Rassemblement national.

Les émeutes du 17 octobre 2026 demandent une analyse claire afin de donner une orientation efficace à notre combat de révolutionnaires patriotes.

D’abord, un contexte

Loin du fantasme de la « convergence des luttes intersectionnalistes », nous voyons trois dynamiques qui se sont réunies de manière opportuniste.

La première est celle d’un mouvement social composé des publics cibles de la gauche — jeunesse lycéenne et étudiante, encadrée par les instances de formation des futurs cadres de la gauche, secteur public et bureaucratie syndicale — descendus dans la rue pour manifester et porter des revendications réformistes classiques, sous l’égide d’une France insoumise désireuse de faire avancer ses positions en vue de l’élection présidentielle.

La deuxième est celle de minorités activistes issues des marges de l’extrême gauche, de « l’ultra-gauche » et de la queue de comète des Gilets jaunes, dans leur dernière incarnation, qui cherchent à jouer un rôle insurrectionnel par la violence.

La troisième est celle d’une grande masse d’opportunistes issus d’un lumpenprolétariat des cités, dont l’objectif est de provoquer le désordre afin de faciliter le pillage de biens de consommation susceptibles d’alimenter leurs trafics.

Si les forces de l’ordre ont effectivement été débordées par cette masse, plus ou moins mêlée au gré des mouvements de foule, nous constatons que chaque dynamique poursuivait ses propres objectifs, sans stratégie commune. Surtout, la majorité de la France populaire, productrice et périphérique, qui souffre réellement de l’augmentation du coût de la vie et de la politique de démantèlement de notre nation menée par la Macronie, ne participe pas à cette agitation.

Dès lors, nous pouvons tirer deux enseignements.

Une émeute n’est pas une révolution !

Le désordre est un moyen pour le bloc central de se maintenir au pouvoir en jouant sur la peur de sa clientèle électorale — classes supérieures, boomers, « winners de la tech ». La Macronie n’est pas capable de « rétablir l’ordre », puisqu’elle a elle-même produit le désordre par la mise en œuvre de son projet depuis dix ans. Mais elle sait que son discours musclé fait encore illusion, même si c’est de moins en moins le cas, auprès des idiots qui la soutiennent pour défendre leurs privilèges.

Elle sait également que, face à elle, rien de solide ne se présente pour incarner une véritable alternative. Les visées électoralistes qui constituent les seules motivations du RN et de LFI ne leur permettent pas de réunir une majorité autour d’eux.

La France insoumise est confrontée à ses propres contradictions. Réunissant en son sein le vote des pseudo-élites bourgeoises de gauche et celui d’une fraction de la « Nouvelle France » issue des quartiers, elle est en train de constater que cette alliance ne repose que sur une appartenance commune à l’environnement métropolitain. Or, les barrières sociales entre ces groupes ne leur permettent pas de tenir un discours commun. L’instrumentalisation de la cause palestinienne constitue certes un levier, mais les divergences entre les motivations des uns et des autres dans leur soutien à cette cause sont parfois criantes.

Ces contradictions se révèlent désormais dans la question de la gestion de la violence. Sans avoir dirigé le mouvement, LFI a d’abord voulu canaliser les revendications de la jeunesse urbaine pour alimenter sa dynamique électorale. Mais elle a rapidement été dépassée par les éléments les plus radicaux de la gauche et par la délinquance qui empoisonne la vie des cités, notamment autour du contrôle des trafics illicites alimentant toute une économie souterraine régie par une logique ultracapitaliste.

En dehors de ses bastions — universités, quartiers bobos et réseaux associatifs —, LFI doit courir derrière le phénomène des émeutes pour ne pas se laisser distancer. Elle risque ainsi de se faire écraser médiatiquement si le moindre dérapage entraîne un véritable drame.

L’ultra-gauche : une efficacité tactique, une impasse stratégique

« L’ultra-gauche » — terme stupide employé par les médias, qui reprend des éléments de langage des services de sécurité — a certes trouvé, par ses modes d’action et de coordination, un terrain d’action idéal.

Comme un poison dans l’eau, elle profite du contexte pour cibler les symboles de l’État et du capital. Si cette stratégie peut se révéler tactiquement impressionnante, il ne faut pas perdre de vue qu’elle demeure, sur le plan stratégique, coupée des masses qui s’agitent dans son sillage.

Les pilleurs qui s’agrègent derrière elle et profitent de son efficacité n’obéissent à aucune logique politique, mais à une logique de consommation sans passage à la caisse. Une même opposition aux forces de l’ordre ne suffit pas à constituer un projet commun.

Le RN et l’union des droites : le degré zéro de l’action politique

Les discours et les prises de position du RN sont totalement contradictoires. On peine dès lors à croire que les sondages qui le placent en position de remporter l’élection présidentielle puissent suffire à en faire une alternative crédible.

Les tenants de « l’union des droites » sont encore pires, avec leurs injonctions au retour à l’ordre, nourries par les plateaux de CNews. Nous sommes là au degré zéro de l’action politique, entendue comme la formulation d’un véritable projet pour la Cité.

La France populaire n’a pas dit son dernier mot

Et pourtant, il ne faut pas désespérer, car la volonté du peuple français de reprendre en main son destin n’est pas un mythe. Dans la France populaire, productrice et périphérique, la colère monte. Pour l’instant, elle ne trouve pas à s’exprimer, mais elle est bien présente.

Cette France n’a pas choisi de participer au désordre, mais elle sait qu’elle devra se défendre. Elle a beaucoup à perdre, parce qu’elle n’a déjà plus grand-chose. C’est précisément ce qui pourrait rendre sa révolte aussi rapide que violente.

Elle ne s’embarrassera ni des discours moralisateurs de la gauche bourgeoise ni des bons conseils des droitards des plateaux télévisés. Elle foncera dans le tas, comme elle sait le faire depuis des millénaires.

Le rôle de ceux qui partagent notre conception révolutionnaire patriotique est de contribuer à cette dynamique. Nous ne représentons rien en termes numériques, mais nous pouvons mettre notre expérience au service de ce renversement historique.

Pour cela, regroupons-nous ! Organisons-nous ! Droite et gauche ? On s’en fiche ! Nous refusons la pseudo-contestation comme le véritable désordre étatique. Nous voulons une véritable révolution !

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