Siégeant tantôt à Bruxelles, tantôt à Strasbourg, le Parlement dit européen fait penser à cette boisson des années 1980 dont le slogan publicitaire expliquait que « son nom sonne comme un nom d’alcool… mais ce n’est pas de l’alcool ». En effet, l’assemblée élue de la prétendue Union européenne n’est qu’un organe législatif partiel dépendant du bon vouloir des gouvernements des États-membres et d’une Commission bureaucratique.
Quand cette pseudo-assemblée qui coûte un bras aux contribuables n’approuve pas des directives toujours plus oppressantes pour le quotidien du quidam européen, elle décerne des prix à des agents d’influence qui pratiquent aux quatre coins du monde leur savoir-faire subversif sous le doux nom de « révolution de couleur ». Elle vote enfin des résolutions tout aussi abracadabrantes les unes que les autres. Ainsi, le mardi 7 juillet 2026, le Parlement européen entérine-t-il à une très large majorité (414 voix pour, 224 contre et 18 abstentions) la requête de l’APPF présentée sous la forme d’un rapport de 294 pages riche en inversions accusatoires et en analyses biaisées, qui entend surveiller le groupe parlementaire Europe des nations souveraines (ENS).
Créé au lendemain des élections de 2024 autour des quinze députés de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne), ENS compte vingt-sept membres dont la Française Sarah Knafo de Reconquête !, l’Italien Roberto Vannacci, élu sur la liste de la Lega qu’il a quittée pour fonder et diriger Futuro nazionale, et les Hongrois du Mouvement Notre Patrie. Il s’agit de la troisième formation issue des droites radicales, de rupture et de conviction en concurrence avec les Patriotes pour l’Europe (85 élus) présidé par Jordan Bardella, et les Conservateurs et réformistes européens (79 membres parmi lesquels Marion Maréchal) animés par Fratelli d’Italia et les Polonais du PiS (Droit et Justice).
L’APPF désigne pour sa part l’Autorité pour les partis politiques européens et les fondations politiques européennes. Calqués sur le modèle allemand, les partis politiques associés au sein d’un même attelage européen disposent de fondations qui assurent la formation de leurs élus et la diffusion publique de leurs idées. Leurs frais de fonctionnement reposent sur de larges subventions. Par exemple, le PPE (Parti populaire européen), dans les mains de la CUD (les démocrates-chrétiens allemands), se tourne vers le Centre Wilfried-Martens pour les études européennes, du nom de l’ancien premier ministre belge. Les sociaux-démocrates ont la Fondation pour les études progressistes européennes; les Patriotes pour l’Europe la Fondation européenne des patriotes pour l’Europe, CRE Nouvelle Direction – Fondation pour la Réforme européenne et ENS de la Fondation Souveraineté. Les instances soi-disant européennes leur versent chaque année jusqu’à 46 millions d’euros !
De création récente (2016), l’APPF doit d’abord s’assurer de la transparence financière des partis et autres fondations, ce qui est légitime. Mais elle doit aussi vérifier si partis et fondations respectent l’ensemble des valeurs dites fondamentales de l’Union supposée européenne, à savoir le respect de la dignité humaine (mais pas du fœtus ?), de la liberté (et l’apartheid vaccinal des temps covidiens ?), de la démocratie (avec ou sans les magouilles, bourrages des urnes et recours massif au vote par correspondance ?), d’égalité (c’est-à-dire ?), de l’État de droit (comprendre accepter la suprématie des juges), de la soumission aux droits humains, y compris du droit des individus appartenant à certaines minorités médiatisées, du pluralisme factice (donc sans opinions tranchées), de la tolérance (surtout envers criminels et délinquants), de la justice (encore une chimère néfaste, car non concrète !), de la non-discrimination (redondance avec l’égalité), de la solidarité et de l’égalité entre femmes et hommes (quid des intersexuels, des trans et autres non-binaires ?). Le sort des poux et des morpions demeure une préoccupation secondaire, ce qui dénote d’un spécisme inacceptable…
Fort du vote de ce soi-disant Parlement européen à l’exception des trois groupes patriotes, l’APPF peut désormais vérifier le caractère démocratique d’ENS et des partis nationaux qui composent son équivalent partidaire au mépris d’ailleurs de l’article 4 de la Constitution de la Ve République française qui stipule qu’« ils se forment et exercent leur activité librement ». Cette instance parasite va solliciter des universitaires irréprochables et à l’impartialité proverbiale, sûrement spécialistes ès-extrême droite, pour déterminer si ENS (parti et groupe) respecte ou non ces fameux critères démocratiques. Si leur avis est négatif, ENS risque de perdre son statut de « parti politique européen » et de ne plus recevoir deux millions d’euros de subventions annuelles. En revanche, les membres du groupe ne perdront pas leur mandat. Il est facile ensuite d’imaginer que dans quelques temps la présidence du Parlement européen saisira l’OLAF (Office européen de lutte antifraude) à propos de détournements financiers imaginaires autour d’assistants parlementaires impliqués dans la vie politique nationale… Une pareille décision aurait un impact certain en Allemagne où des voix politiciennes, ecclésiastiques, « cultureuses » et médiatiques réclament l’interdiction de l’AfD, premier parti d’opposition du pays…
L’APPF a déjà retiré en 2020 son agrément à l’Alliance pour la paix et la liberté pour des motifs semblables. Cette sympathique structure paneuropéenne regroupait les Allemands de Die Heimat (ex-NPD), Les Nationalistes d’Yvan Benedetti et le Parti populaire Notre Slovaquie. Il serait toutefois inapproprié et téméraire de fouiner autour du PPE abonné aux scandales financiers outre-Rhin, des socialistes européens corruptibles, des Verts et de Renew (centristes libéraux macronistes), fidèles relais bien payés des multinationales étatsuniennes et arabes.
L’APPF s’émeut de propos très politiquement incorrects tenus par Alice Weidel de l’AfD, Éric Zemmour et un responsable du mouvement nationaliste bulgare Renaissance. Cette autorité eurocratique semble méconnaître tout bon sens socio-politique.
Hasard du calendrier, l’APPF doit changer sous peu de président. Le candidat pressenti, le Français Philippe Musquar, pencherait bien trop à droite ! Horreur ! Il aurait milité chez… Les Républicains ! Le comble porte cependant sur son mode de sélection obscure et guère transparent. Le choix final sortirait des discussions intenses entre les secrétaires généraux du Conseil européen, de la Commission et du Parlement européen ! Pour donner des leçons au monde entier, le Parlement dit européen est toujours en pointe. Dommage qu’il ne se les applique jamais !
Salutations flibustières !
Georges Feltin-Tracol
- « Chronique flibustière » n° 198.
