Kemi Seba: « Cette guerre USA / ISRAËL vs IRAN n’est pas seulement une guerre géopolitique visant le contrôle des hydrocarbures, ni simplement une agression destinée à concrétiser le plan Oded Yinon, c’est-à-dire le projet du Grand Israël .
Elle est aussi ( et peut-être surtout) la manifestation d’un affrontement bien plus profond ; celui de deux visions du monde irréconciliables.
D’un côté, le monde moderne, qui dans un sens guénonien rime avec décadence, dégénérescence et désacralisation totale du réel. Un monde où la matière a remplacé l’esprit, où le calcul a remplacé le sens, où la puissance technique prétend se substituer à la transcendance.
De l’autre, le monde de la Tradition qui, bien que caricaturé comme barbare et arriéré par les médias-mensonges d’Occident, demeure l’un des derniers espaces où le sacré continue d’imprégner l’existence quotidienne.
Comme toutes les nations, l’Iran est très loin d’être parfait. Mais rarement dans ma vie ai-je ressenti, à chacune de mes nombreuses visites, avec une telle intensité, la présence de l’immanence et de la sacralité dans le quotidien des gens. Pas besoin d’être Perse, ni même chiite, pour percevoir cette réalité.
La plupart de ceux qui pontifient sur l’Iran n’y ont jamais mis les pieds. Ils se sont laissé avoir par la surmédiatisation des manifestations en Iran, organisées secrètement par le MOSSAD, afin de faire croire à un soulèvement du peuple entier contre le régime iranien.
En réagissant brutalement (et reconnaissons-le, parfois aveuglément) contre ces manifestantes sponsorisées par l’entité sioniste, le régime de la République islamique a donné le prétexte parfait à l’intervention de l’élite criminelle occidentale contre ce pays.
Les États-Unis et leurs alliés sionistes, génocidaires en Palestine, ont ainsi appliqué le concept d’imperialist feminism, tel que théorisé par la légendaire idéologue indienne du post-colonialisme, Gayatri Spivak, afin de préparer les esprits avant de lancer leur ultime agression.
Disons-le clairement ; la question du droit des femmes doit être rigoureusement posée en Iran comme ailleurs dans le monde. Mais cette question ne peut, et ne doit, être manipulée par l’oligarchie occidentale à des fins coloniales , surtout lorsque cette manipulation émane d’acteurs eux-mêmes impliqués dans des scandales sordides, comme l’affaire Epstein.
Au-delà des propagandes et des récits officiels, cette confrontation entre ces 2 mondes (le monde moderne contre celui de la Tradition) annonce peut-être déjà la nature des grands affrontements civilisationnels du XXIᵉ siècle… La lutte entre un monde entièrement désacralisé et des civilisations qui, malgré toutes leurs contradictions, refusent encore de rompre définitivement avec la dimension spirituelle de l’existence.
Comprendront ceux qui pourront.
Kemi Seba.
