Je suis un être rationnel. Ma courte existence m’aura suffi à réaliser que souvent « le mieux est l’ennemi du Bien », et que la nature humaine étant ce qu’elle est, il est inutile de placer trop haut nos espoirs dans la politique.
Mais je ne m’accommoderai jamais de la lâcheté de la droite. Les « camarades » qu’on nous donne en message privé et les félicitations hypocrites ne parviennent pas à me faire oublier les lâchages permanents dont sont victimes les jeunes militants chaque fois que la répression s’abat sur eux.
Qu’Eliot soit en prison préventive pour avoir bravé son contrôle judiciaire afin de se rendre à l’hommage pour Quentin dont sa femme enceinte était l’organisatrice, ou que 4 militants d’Audace fassent 48 heures de GAV pour avoir collé des affiches « Jeune blanc rejoins ton clan » me scandalisera toujours. J’entends que leurs opinions ou leurs rixes avec les antifas vous gênent aux entournures, je partage même parfois votre méfiance pour les slogans, ô députés du camp national. Mais quand la France Insoumise défend ses miliciens, à l’heure où le grand-remplacement des élus a montré dimanche soir à toute la France la haine des Blancs et le futur qui nous est promis, votre silence stratégique est une connerie en plus d’un déshonneur.
C’est une connerie parce que d’un strict point de vue politico-cynique, vous avez permis que l’assassinat de Quentin soit quasiment justifié par la gauche en raison de 3 blagues vaseuses sur Twitter, et qu’au lieu de dédramatiser ces quelques tweets inoffensifs vous en fûtes tétanisés. C’est un déshonneur parce que vous participez inconsciemment à la culpabilisation permanente de votre propre peuple à un moment où vous devriez exiger de Mélenchon qu’il nous dise où est Raphaël Arnault et pourquoi il se cache !
Un peuple n’a pas d’idées en tant que tel : mais il a des sentiments. L’honneur du politique est de percevoir les sentiments populaires -colère, tristesse, répulsions, engouements, prémonitions, inquiétudes- puis de les exprimer de manière non policée et de leur donner une traduction rationnelle et politique au service du Bien Commun.
L’homme politique digne de ce nom a une double fonction cathartique et de guide, sans quoi il n’est qu’un pion au service des lobbies.
Des pions : voilà ce que vous consentez à être en n’exprimant jamais que des opinions autorisées par la Doxa. Pourtant il y a encore des humains, des êtres de chair et de sang parmi vous, non ? Alors plutôt que de vous planquer, sortez du bois pour exiger qu’on sache où est le député de la Jeune Garde et qu’on arrête de persécuter les nationalistes lyonnais.
Liberté pour Eliot, justice pour son épouse sur le point d’accoucher, et justice pour Quentin.
Jean-Eudes Gannat
