Le camp des Saints en direct. L’invasion se poursuit, le suicide s’accélère

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L’Europe occidentale est en train de se suicider, et les soixante mille migrants africains qui viennent de forcer le passage à Ceuta n’en sont que la dernière preuve en date. Tandis que les forces espagnoles cèdent, les responsables politiques du continent se contentent de publier des communiqués, les caméras tournent, et aucune mesure concrète n’est prise. L’invasion se poursuit car littéralement personne n’est prêt à l’arrêter. C’est la phase terminale d’une civilisation qui a déjà décidé de mourir.

Les cordons de police s’effondrent sous le poids de la foule ; les maisons sont prises d’assaut, les biens saccagés, et les forces locales peinent à maintenir ne serait-ce que l’ordre le plus élémentaire. Les personnalités de la droite européenne font les déclarations attendues. Alice Weidel, de l’AfD, désigne l’Allemagne comme la destination évidente et exige la fermeture immédiate des frontières ainsi que des expulsions sans merci. Herbert Kickl, du Parti de la liberté autrichien, déclare que seule une « Autriche forteresse » peut répondre à la succession ininterrompue d’échecs de l’UE. Marine Le Pen et Jordan Bardella, du Rassemblement national, promettent de « réformer Schengen » et de réserver la libre circulation aux seuls citoyens de l’UE. Nigel Farage désigne les jeunes hommes apparaissant dans les vidéos et prédit qu’ils se retrouveront bientôt à Calais. Geert Wilders parle d’une « invasion islamique » et exige que l’ensemble de cette foule soit renvoyée. La rhétorique est uniforme, l’urgence théâtrale, le résultat concret jusqu’à présent identique à celui de toutes les crises précédentes.

Littéralement PERSONNE en Europe ne cherche VRAIMENT à mettre un terme à cela. Les gouvernements comme l’opposition se contentent d’observer le spectacle se dérouler. Aucune défense ne se met en place, aucune riposte organisée ne se profile, rien ne vient interrompre le flux. Le spectacle est triste et inévitable. Oswald Spengler l’avait prédit dans Le Déclin de l’Occident (1918-1922). L’immigration de masse est un symptôme du déclin, pas la cause. La civilisation occidentale est entrée dans sa phase hivernale ; le processus suit sa propre loi d’airain et ne peut être inversé. Un homme de quatre-vingts ans ne retrouve pas ses seize ans, et l’Occident ne retrouve pas la vitalité qu’il a déjà dépensée. L’indifférence ne se limite pas à l’élite. La majorité des Européens ordinaires partagent la même léthargie. Le parallèle est celui de la Rome impériale à son stade terminal, lorsque la ville elle-même comptait quatre-vingts pour cent d’étrangers et seulement vingt pour cent de Romains de souche. Même à cette époque, l’empereur s’adressait à une humanité abstraite plutôt qu’au peuple romain. Aujourd’hui, le culte de l’universalisme continue de ronger l’Occident de l’intérieur. La fin arrive une fois de plus.

Le Camp des Saints (1973) de Jean Raspail reste la simulation fictive la plus claire de ce même scénario. Dans ce roman, les flottilles arrivent, les autorités restent paralysées, le vocabulaire moral se retourne contre les autochtones européens, et la civilisation française se dissout sous le poids d’une vague migratoire à laquelle elle refuse de résister. Les lecteurs qui redécouvrent ce livre après chaque nouvelle vague migratoire en provenance de la Méditerranée constatent à quel point il n’a fallu que peu d’imagination. Les commentaires qui s’accumulent autour de Le Camp des Saints sont eux-mêmes révélateurs : ils tournent sans fin autour de la justesse de la prédiction tandis que la réalité qu’il décrit continue de s’étendre. Le roman ne fait plus office d’avertissement ; il fait désormais office de diagnostic qui a déjà été confirmé.

Une grande partie des partis dits « de droite » dénoncent farouchement l’immigration de masse pendant la campagne électorale, mais une fois au pouvoir, ils ne font absolument rien. Ce schéma a donné naissance au terme d’« effet Melonisation ». Giorgia Meloni et Donald Trump ont tous deux tenu des propos extrêmement virulents sur les mesures concrètes qu’ils comptaient prendre contre l’invasion. Tous deux ont rompu ces promesses dès qu’ils ont accédé au pouvoir. Le fossé entre le discours d’opposition et la pratique gouvernementale n’est plus une surprise ; il est structurel. Ces partis existent pour canaliser la colère populaire vers des voies inoffensives tandis que la transformation démographique sous-jacente se poursuit sans interruption. Le grand remplacement est bien réel.

Il s’agit là d’un étirement impérial dans sa forme classique : les énergies occidentales restent concentrées sur la tentative de soumettre ou de réorganiser des contrées lointaines, tandis que le centre lui-même s’enfonce toujours plus profondément dans la décomposition. La Rome impériale en fournit le précédent : cette même puissance qui, autrefois, projetait sa force sur trois continents, découvrit que sa propre capitale était devenue méconnaissable sur les plans démographique et culturel. L’Occident contemporain reproduit ce schéma avec seulement quelques variations mineures.

Les déclarations émanant des partis de droite ont donc un double objectif. Elles témoignent de l’ampleur de la crise et démontrent simultanément les limites de la réponse politique possible dans le cadre de l’ordre actuel. Les appels à la fermeture des frontières, à la suspension de l’espace Schengen, au renvoi de tous les arrivants, ne sont que des paroles lancées dans le vide. L’appareil d’État continue de traiter l’afflux ; les tribunaux et les administrations continuent de fonctionner selon les anciens principes universalistes ; l’arithmétique démographique poursuit son œuvre inexorable.

Constantin von Hoffmeister

31 juillet 2026

 

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