Qu’est-ce que la « Conception du monde » ?

guillaume faye jeune

Ensemble des valeurs, des idées, des idéaux et des interprétations du réel, fédérés et organisés par un sens, implicites et explicites, affectifs et intellectuels, propres à une communauté, à un peuple, à un système idéologique ou religieux.

Proche des vocables de vue-du-monde ou de vision-du-monde, qui en désignent plutôt l’aspect affectif et intuitif, la conception-du-monde forme, de notre point de vue, le soubassement des cultures et des formes de civilisation. Lieu où agit l’inconscient collectif, la conception-du-monde est directement influencée par la biologie et l’anthropologie du groupe qui la porte, et elle constitue, pour nous, la véritable infrastructure des institutions, du politique, de l’économie, etc. (et non pas l’inverse comme dans les schémas marxistes ou libéraux où elle n’est perçue que comme une superstructure). Une même conception-du-monde peut donner lieu à différentes idéologies, qui peuvent s’opposer, mais qui sont l’expression du même projet historique et social. Le concept de conception-du-monde permet donc de mettre en lumière la parenté fondamentale des idéologies occidentales, apparemment antagonistes, mais dont les postulats (cf. individualisme et égalitarisme) sont communs.

Deux conceptions-du-monde nous semblent s’affronter dans notre monde depuis bientôt deux millénaires :  l’une, christianomorphe, c’est-à-dire centrée autour de la sensibilité et de l’enseignement du judéo-christianisme, a donné lieu à toutes les idéologies égalitaires aujourd’hui dominantes ; l’autre, d’origine indo-européenne, de sensibilité païenne, bien que politiquement et historiquement censurée, s’est constamment exprimée dans la culture, la philosophie et l’art européens. Avec Nietzsche, elle a accédé à la formulation consciente. Nous en sommes aujourd’hui les représentants ; nous ne saurions prétendre en détenir le monopole puisqu’elle est présente dans l’inconscient collectif ; mais notre rôle est d’en être « l’incarnation modèle » et d’en tirer des idéologies (qui pourront éventuellement un jour s’opposer en se complétant) et des formes de culture. En cette fin de siècle, la chance et la force de cette conception-du-monde est son adaptation à la modernité et à l’esprit scientifique, qu’elle a d’ailleurs puissamment contribué à forger.

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