Fritz Kloppe et le Wehrwolf

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Au lendemain de la Première Guerre mondiale, dans les ruines de l’Empire allemand et de la fragile République de Weimar, Fritz Kloppe s’est imposé comme l’un des architectes d’une résurgence nationaliste radicale qui rejetait à la fois le libéralisme parlementaire et le marxisme orthodoxe. Né en 1897 à Halle an der Saale dans une famille de la classe moyenne, Kloppe a été marqué dès son plus jeune âge par la rigueur du service militaire sur le front occidental, où il a subi de multiples blessures qui ont renforcé son engagement indéfectible en faveur de la renaissance allemande. Ces expériences formatrices de la guerre ont été non seulement un traumatisme personnel, mais aussi un apprentissage politique, qui a donné naissance à une éthique de vétéran interprétant la défaite à la fois comme une humiliation et un mandat. Pour Kloppe, l’armistice n’a pas mis fin au conflit ; il l’a déplacé vers l’intérieur, dans une lutte nationale sur le sens même de l’Allemagne. Ces expériences l’ont poussé à rejoindre les Freikorps, ces groupes paramilitaires indépendants qui ont écrasé les soulèvements communistes dans la Ruhr et ailleurs, lui inculquant un profond mépris pour la menace internationaliste du bolchevisme tout en l’attirant paradoxalement vers des tactiques révolutionnaires qui faisaient écho à la détermination soviétique. Ce paradoxe avait son importance. Kloppe et son cercle pouvaient mépriser la théorie marxiste tout en admirant l’audace disciplinée de l’action révolutionnaire. Au sein de l’aile radicale nationaliste de Weimar, la méthode et la vision du monde ne faisaient pas toujours bon ménage.

En 1923, alors que l’hyperinflation ravageait l’économie et que les troupes françaises occupaient la Ruhr, Kloppe fonda ce qui allait devenir le Wehrwolf. L’organisation fut créée à Halle an der Saale le 11 janvier 1923 sous le nom de Central German Protective Association, et des membres éminents de la Ligue Stahlhelm, alors temporairement interdite, dont Theodor Duesterberg aux côtés de Kloppe, jouèrent un rôle clé dans sa formation. Elle fut délibérément constituée comme une organisation de façade pour recruter et former de jeunes membres pour le Stahlhelm avant de devenir une force distincte sous la direction de Kloppe. Lors d’une réunion des délégués tenue le 12 mai, elle fut rebaptisée Wehrwolf : Bund deutscher Männer und Frontkrieger, cristallisant ainsi l’image que le mouvement se faisait de lui-même, à savoir un ordre d’hommes disciplinés et de guerriers du front plutôt qu’une association politique conventionnelle. La création du Wehrwolf est importante non seulement en raison de la crise économique, mais aussi parce que l’année 1923 a consolidé la conviction, parmi les nationalistes radicaux, que le salut national ne passerait pas par le gradualisme ou la compétition partisane conventionnelle.

La vision de Kloppe pour le Wehrwolf transcendait le simple militarisme. Elle incarnait une idéologie holistique enracinée dans le nationalisme du sang et du sol, l’antidémocratie et un appel à un Troisième Reich fondé sur la Volksgemeinschaft, une communauté populaire sans divisions de classe mais farouchement racialiste. Le langage de l’unité n’était pas ici celui de l’inclusion libérale, mais celui du collectivisme organique. La « communauté » n’était pas la société en général, mais le Volk défini par l’ascendance, le mythe et l’exclusion. S’inspirant des traditions des Freikorps, l’esthétique de l’organisation évoquait une menace provocante, presque pirate : les membres portaient des tuniques gris-vert ornées de crânes blancs sur des écussons noirs au col, des boucles de ceinture en forme de crâne, des brassards noir-blanc-rouge arborant des crânes et des casquettes noires à visière. Ses drapeaux renforçaient cette identité. Le drapeau du Wehrwolf arborait un crâne argenté au-dessus d’os croisés sur fond noir, avec la lettre W en rouge sous ou à côté de l’emblème, une grammaire visuelle de la mort, de la discipline et du serment. Il ne s’agissait pas d’une décoration fortuite. Dans la politique de rue de Weimar, les insignes et le spectacle avaient une fonction idéologique. L’uniformité symbolisait la discipline, l’imagerie du crâne symbolisait la cruauté et la palette de couleurs impériales symbolisait la continuité avec l’imaginaire national de l’Empire allemand pré-républicain.

La branche jeunesse, Jungwolf, portait des bannières arborant l’ancienne rune Wolfsangel, invoquant le folklore des loups-garous comme métaphore de la ténacité de la guérilla contre ses ennemis : communistes, juifs et démocrates libéraux. Parallèlement, le drapeau des Jeunes Loups arborait le crochet du loup sur fond noir, renforçant le culte de la dureté et de l’endurance clandestine. Il convient de souligner que le motif du « loup-garou » fonctionnait comme un mythe politique plutôt que comme un simple nationalisme romantique. Il évoquait un combattant irrégulier capable de survivre à la défaite, de se fondre dans le paysage et de frapper depuis sa cachette.

Dans les cercles völkisch et conservateurs-révolutionnaires, le cadre mythique était un moyen de sacraliser la politique, transformant l’organisation en ordre et la lutte en destin. Ce lexique visuel favorisait la cohésion interne tout en projetant une aura de loyauté inébranlable envers le Volk, mêlant paganisme germanique et paramilitarisme moderne.

Sous la direction de Kloppe en tant que Bundesführer, le Wehrwolf s’est rapidement développé à partir de ses bastions d’Allemagne centrale en Saxe et en Thuringe, atteignant un pic de 30 000 à 40 000 membres à la fin des années 1920. Sur le plan structurel, il ressemblait aux autres organisations paramilitaires de Weimar en mettant l’accent sur la camaraderie, la hiérarchie, l’entraînement et une éthique privilégiant l’action, mais il se distinguait par une orientation plus marquée vers les zones rurales et la jeunesse et une posture « révolutionnaire nationale » plus explicite. Il adoptait également une hiérarchie interne claire selon le Führerprinzip. La direction fédérale supervisait les directions régionales, qui à leur tour contrôlaient les Gaue, lesquels dirigeaient finalement les groupes locaux. Dans ce système, les jeunes hommes âgés de 14 à 17 ans étaient organisés en Jungwolf, tandis que ceux de plus de 24 ans étaient chargés de former les membres plus jeunes dans le cadre d’une formation de cadres loyaux appelée Getreue Ekkehartgruppe. Les femmes étaient regroupées en Opfergruppen, des groupes de sacrifice rattachés aux organisations locales, qui servaient de structures auxiliaires plutôt que d’éléments de commandement formels.

Le Wehrwolf a collaboré très tôt avec des éléments de la Reichswehr pour l’entraînement au maniement des armes et les exercices tactiques, dépassant ainsi le militarisme symbolique pour passer à une préparation pratique. Dès 1923, l’entraînement militaire des membres comprenait des instructions sur le fusil Gewehr 98, le pistolet Pistole 08, la mitrailleuse MG 08/15, les grenades à main, les grenades à fusil, les mortiers et les canons d’infanterie. En 1926-1927, un système de tests de performance paramilitaire a été introduit, officialisant les normes physiques et tactiques et renforçant la prétention de l’organisation à être un instrument de renouveau national plutôt qu’une simple fraternité. Le Wehrwolf se trouvait ici dans la zone d’ombre du respect du traité de Versailles : officiellement en dehors de l’État, mais pratiquement lié à des éléments qui le toléraient et parfois le formaient, en particulier lorsque la violence anti-gauche était considérée comme utile à la nation.

De grands rassemblements, tels que le Wehrwolf-Thing de 1925 au Völkerschlachtdenkmal de Leipzig et le Reichstreffen de 1927 à Potsdam, ont attiré des milliers de personnes pour un endoctrinement idéologique, des rituels folkloriques et des démonstrations de prouesses martiales, mettant l’accent sur la guerre comme force purificatrice pour le renouveau allemand. La forme même du « Thing » avait une signification. Dans l’usage völkisch, elle évoquait une supposée assemblée germanique antique, réimaginant la politique comme primordiale, communautaire et quasi sacrée. Cette ritualisation donnait au mouvement l’impression d’être plus ancien que la république et donc plus légitime que l’État qu’il cherchait à renverser. Le Wehrwolf-Thing central allemand au monument de la bataille des Nations en 1925, en particulier, a fonctionné comme une fusion symbolique de la mémoire nationale et de l’avenir paramilitaire, une scène sur laquelle le mythe et l’entraînement se renforçaient mutuellement. Pourtant, la stratégie de Kloppe évitait toujours la politique électorale, privilégiant un « front uni par le bas » qui ralliait les paysans, les ouvriers et les soldats contre le système de Weimar, s’inspirant du Landvolkbewegung rural et des cercles révolutionnaires conservateurs plus larges. C’est l’un des signaux clés du Wehrwolf : il essayait de mobiliser directement « la nation » plutôt que de remporter des sièges. Il considérait le succès parlementaire comme secondaire au mieux et corrupteur au pire.

Sur le plan idéologique, le Wehrwolf occupait une place particulière à Weimar, fusionnant le nationalisme völkisch et le bolchevisme national. Il s’agissait d’un mélange syncrétique qui admirait la posture de l’Union soviétique en tant que rempart contre la ploutocratie occidentale, tout en conservant une origine anticommuniste ancrée dans la violence des Freikorps. Malgré ses racines dans les Freikorps, Kloppe envisageait des alliances avec les « peuples colonisés » et l’URSS pour démanteler la finance juive internationale, considérant Moscou comme une « nation sœur » dans la quête de l’autarcie et de l’expansion vers l’est. Cette orientation pro-soviétique s’alignait sur celle de penseurs tels qu’Ernst Niekisch, qui prônait un axe prussien-bolchevique, mais Kloppe rejetait la lutte des classes marxiste, insistant sur une adaptation nationaliste pour préserver la pureté raciale et l’espace vital territorial. Cette tension est essentielle pour comprendre le Wehrwolf comme un mouvement « révolutionnaire national » plutôt que simplement conservateur : il souhaitait une révolution, mais une révolution pour le Volk et le Kaiser, et non pour le prolétariat.

Au cœur de cette vision du monde se trouvait la doctrine économique du possédisme de Kloppe, dévoilée en 1931 comme une troisième position au-delà du capitalisme et du communisme. Exposée dans son livre Der Possedismus : Die neue deutsche Wirtschaftsordnung et dans des discours tels que celui prononcé lors des célébrations de la Pentecôte à Bonn am Rhein, elle proposait la nationalisation des terres et des industries par l’État, suivie de leur redistribution sous forme de possessions héréditaires à des Allemands productifs, garantissant ainsi la propriété collective sous l’autorité suprême de la nation. La fonction du possédisme au sein du projet Wehrwolf n’était pas seulement économique. Elle relevait de l’anthropologie morale. Elle affirmait que le capitalisme avait déraciné les Allemands et que le marxisme les avait privés de leur conscience du sang, de sorte que seul un nouvel ordre de propriété pouvait restaurer à la fois la stabilité matérielle et la solidarité ethnique. Ce système visait à éradiquer l’esclavage salarial, à favoriser l’autosuffisance grâce à des monopoles commerciaux étrangers et à libérer le Volk de la haute finance internationale juive, une critique antisémite du capitalisme mondial qui présentait la finance comme un adversaire à la fois économique et racial.

« Les membres du WEHRWOLF ne sont pas seulement des révolutionnaires en ce qui concerne les conditions purement sociales. Nous sommes avant tout des révolutionnaires dans les domaines de la culture et de l’économie. Il est absolument vain de tenter de créer une nouvelle Allemagne simplement en plaçant de nouveaux hommes à la tête de la nation. Il n’est pas non plus significatif qu’une nouvelle forme d’État soit simplement à la tête du Volk allemand. Nous devons donner à la nation elle-même une nouvelle substance ! »

— Fritz Kloppe, discours sur le possédisme, Der Wehrwolf, 1er juin 1931

Kloppe affirmait clairement que le marxisme, malgré sa posture révolutionnaire, restait incapable d’une véritable libération nationale. Selon lui, il ne faisait que reproduire la dépendance sous un vocabulaire idéologique différent, sans parvenir à séparer le peuple de la finance internationale ni à restaurer une vie économique organique :

« Le marxisme est donc incapable de libérer notre peuple de l’emprise de la haute finance internationale. Nous, les Wehrwolf, nous présentons donc au public un système économique qui devrait être guidé par les principes fondamentaux suivants : premièrement, l’économie doit être guidée par la satisfaction de la demande nationale en biens. Deuxièmement, sa structure doit être déterminée de manière à ce que chaque personne capable ait toutes les chances de progresser, ce qui ne peut être réalisé que par une sélection intensive. »

— Fritz Kloppe, discours sur le possédisme, Der Wehrwolf, 1er juin 1931

Kloppe critiquait le capitalisme pour avoir déraciné le prolétariat et le marxisme pour l’avoir désensibilisé à ses liens du sang, arguant que la véritable libération passait par un retour à la nature et à la production autarcique. Le possédisme était donc particulièrement attrayant là où les griefs économiques se superposaient à l’angoisse culturelle : mécontentement rural, classes sociales en déclin et anciens combattants qui interprétaient la modernité comme une dépossession.

« Cette nouvelle volonté révolutionnaire se reflète sur le plan économique dans un nouvel ordre de propriété, que nous avons appelé « possédisme » afin de le différencier clairement des autres. Nous avons vu comment le capitalisme a sapé économiquement notre peuple pendant un siècle en le transformant en esclaves salariés, en prolétaires, en un peuple déraciné pour qui les concepts de peuple et de communauté de sang sont devenus étrangers. »

— Fritz Kloppe, discours sur le possédisme, Der Wehrwolf, 1er juin 1931

Dans la pratique, le possédisme était un romantisme agraire impliquant une structure administrative corporatiste. Kloppe envisageait les chambres économiques, les canaux commerciaux monopolisés et l’autarcie imposée comme des instruments de souveraineté nationale plutôt que d’efficacité du marché. Le commerce extérieur, en particulier, devait être entièrement dépouillé du contrôle privé :

« La quatrième source de revenus des chambres économiques provient du monopole sur le commerce extérieur. En outre, nous exigeons l’autarcie de l’État. C’est-à-dire le rétablissement de l’indépendance économique et de l’autosuffisance du peuple allemand. Nous souhaitons donc un État dans lequel le peuple allemand produira tous les biens dont il a besoin pour vivre et les marchandises destinées à l’étranger. »

— Fritz Kloppe, discours sur le possédisme, Der Wehrwolf, 1er juin 1931

Les associations du Wehrwolf reflétaient sa position précaire dans un paysage fracturé. Initialement lié au Stahlhelm, il rompit ses liens organisationnels en 1924, bien que certains accords de coopération locaux aient persisté. Les publications völkisch ont soutenu le mouvement à différents moments : en janvier 1926, le journal de la Ligue pangermanique souhaitait bonne chance au Wehrwolf dans ses efforts, et en septembre 1927, le Völkischer Beobachter publiait plusieurs articles louant le Wehrwolf ou lui adressant des vœux publics. Dans le même temps, la position de l’organisation à l’égard du NSDAP restait tendue et conditionnelle. Elle a rejeté plusieurs invitations à rejoindre le parti et a proposé à la place un front uni de toutes les organisations révolutionnaires nationales. Cette proposition a été rejetée, et le différend révèle une importante ligne de fracture idéologique : même les observateurs et les militants sympathisants considéraient souvent la revendication de leadership d’Hitler comme non négociable. Dans l’écosystème propagandiste de la fin des années 1920, la logique tendait de plus en plus vers l’unité sous un seul centre.

Kloppe s’est également brièvement engagé dans la politique d’alliance. Au cours de la même période, il a assumé la présidence du Bloc patriotique d’opposition, une alliance centrée sur le Mouvement nationaliste allemand pour la liberté, mais des conflits internes ont rapidement suivi et le Wehrwolf s’est retiré de l’alliance avant les élections au Reichstag de mai 1928. Pendant ce temps, la pression policière s’est intensifiée. En 1927 et 1928, la police confisqua de grandes quantités d’armes aux dirigeants du Wehrwolf, et le 20 décembre 1929, le Sénat de Hambourg interdit l’association à Hambourg. Ces épisodes montrent comment l’image que le mouvement donnait de lui-même, celle d’une défense nationale disciplinée, correspondait à la perception qu’en avait l’État, qui y voyait une structure parallèle armée.

En 1930, avec l’ascension du NSDAP, le nombre de membres du Wehrwolf diminua à environ 10 000 en raison des saisies et des interdictions policières. À partir de 1930, le NSDAP prit de plus en plus le contrôle de l’espace et des possibilités du Wehrwolf, que ce soit en débauchant ses membres, en absorbant ses structures locales ou en lui imposant une dépendance stratégique. Les tentatives de fusion avec le Freikorps Oberland et la Ligue de combat révolutionnaire national-socialiste d’Otto Strasser en 1930 et 1931 échouèrent, soulignant à quel point il était difficile de s’unifier une fois que le parti d’Hitler était devenu le centre de gravité. Kloppe résista aux invitations directes de fusion de Hitler, privilégiant une alliance révolutionnaire plus large, mais la vague de consolidation nazie s’avéra fatale. À l’été 1933, à la demande de l’organisation elle-même, le Wehrwolf fut intégré à la SA, le Jungwolf à la Jeunesse hitlérienne et l’escadron de transport motorisé du Wehrwolf au Corps motorisé national-socialiste, date à laquelle l’organisation cessa d’exister en tant qu’unité distincte. Cette dissolution doit être interprétée à la fois comme une défaite et une absorption.

L’État nazi n’a pas simplement « gagné » les élections ; il a tout nationalisé, subordonnant les mouvements rivaux par l’incorporation, la coercition et l’élimination. Kloppe lui-même a brièvement rejoint la SA, mais il est tombé dans l’oubli. Sa mort en 1937, à l’âge de 40 ans, a été attribuée à des problèmes de santé liés à la guerre, bien que des rumeurs de purges aient persisté dans l’ombre de la Nuit des longs couteaux.

Sa disparition est emblématique de ce qui est arrivé aux expériences révolutionnaires nationales indépendantes après 1933 : elles sont soit devenues des instruments du régime, soit ont été rendues inutiles par celui-ci. Une précision supplémentaire permet d’éviter une confusion courante : le Wehrwolf de Kloppe à l’époque de la République de Weimar ne doit pas être confondu avec le concept ultérieur de « Werwolf » associé aux fantasmes de sabotage de la fin du Troisième Reich. Le nom commun s’inspire du même réservoir mythique, mais ils appartiennent à des moments politiques et à des réalités organisationnelles différents.

Kloppe et le Wehrwolf représentent un fil perdu dans l’histoire du fascisme allemand : une expérience révolutionnaire nationale qui a fait le pont entre le militantisme des Freikorps et les tactiques d’inspiration bolchevique, préfigurant des éléments de l’idéologie nazie tout en résistant à sa subsumption totale. Les Freikorps eux-mêmes, opérant sans direction centralisée, ont joué un rôle décisif dans la répression des soulèvements communistes lors de l’effondrement de la République de Weimar, stabilisant efficacement l’Allemagne à un moment où l’autorité parlementaire avait échoué. Pourtant, bon nombre des personnalités qui ont combattu les communistes ont ensuite été persécutées ou éliminées par le NSDAP, soulignant le fait que la prise du pouvoir par les nazis était autant une purge interne qu’un « salut » national. L’accent mis par Kloppe sur le possédisme et son flirt tactique avec la géopolitique pro-soviétique soulignent la fluidité du radicalisme de Weimar, où l’anticapitalisme, la décentralisation paramilitaire et le racisme pouvaient coexister.

Zoltanous.

Source : The Fascio Newsletter.

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