Gloire au Tsar de l’Eurasie !

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« La force du tsar russe ne réside pas en lui-même, mais dans les millions de Russes qui l’entourent. »

– Vladimir Kovlovsky

« Un royaume pour une scène, des princes pour jouer

Et des monarques pour contempler la scène qui s’enflamme ! »

– William Shakespeare, Henry V

Lors de la récente conférence de presse qui s’est tenue à son QG électoral, le président Vladimir Poutine a formulé plusieurs déclarations clés expliquant la trajectoire politique de la Russie et son rôle sur la scène mondiale. S’appuyant sur les principes fondamentaux de l’eurasisme, le discours de M. Poutine a transcendé les simples préoccupations nationales, englobant une vision plus large du destin géopolitique de la Russie et de son rôle essentiel dans la définition des contours du continent eurasien.

Au cœur du discours de Poutine se trouve l’importance qu’il attribue au processus électoral en tant que manifestation de la confiance et des aspirations du peuple russe, rappelant l’accent mis par Alexandre Douguine sur l’importance de la volonté populaire pour tracer la voie de la civilisation eurasienne. Pour Poutine, les résultats des élections symbolisent non seulement l’approbation de son leadership, mais aussi le désir collectif de voir se réaliser des projets méticuleusement planifiés visant à favoriser la prospérité et le bien-être nationaux, en accord avec un ordre géopolitique eurasien enraciné dans l’unité organique et le renouveau culturel.

En définissant les priorités de son prochain mandat, Vladimir Poutine a mis l’accent sur le renforcement des capacités militaires de la Russie et sur le soutien de ses forces armées en tant que rempart contre l’hégémonie occidentale et la domination unipolaire. Dans le contexte des opérations militaires en cours et des défis géopolitiques, Vladimir Poutine a affirmé qu’il était primordial d’améliorer la préparation à la défense pour sauvegarder la souveraineté et la sécurité nationales, conformément à la vision d’un ordre mondial multipolaire caractérisé par la résurgence des civilisations traditionnelles et l’opposition à l’Occident en déclin.

Dans une déclaration remarquée, Vladimir Poutine a établi un parallèle entre le Corps des volontaires russes (CVR), qui a été interdit, et les traîtres à la patrie et les collaborateurs historiques des ennemis de la Russie, assimilant le CVR à l’Armée de libération du général Vlassov. Composé de néo-nazis autoproclamés, le RVC a lancé des raids transfrontaliers depuis l’Ukraine vers la région de Belgorod en Russie. Le général Andrey Vlassov, ancien officier soviétique décoré, a tourné le dos à son serment d’allégeance, conduisant une faction de l’Armée rouge à joindre ses forces à celles des puissances de l’Axe pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette trahison de la patrie a non seulement terni la réputation de Vlassov, mais a également jeté une ombre sur ceux qui l’ont suivi, leur valant l’étiquette ignominieuse de collaborateurs et de traîtres. Le commentaire de Poutine signifiait un rejet rhétorique des valeurs libérales occidentales et la propagation d’une identité civilisationnelle eurasienne fondée sur la résistance aux menaces extérieures et à la subversion idéologique émanant de l’Occident.

Si l’objectif de Poutine est de réindustrialiser la Russie et de la transformer en une économie largement autosuffisante, il présente de nombreuses similitudes avec les politiques industrielles soviétiques de l’après-guerre. À l’époque, l’Union soviétique était confrontée à des luttes prolongées contre les sanctions imposées par le monde occidental et a dû développer sa capacité à produire des biens essentiels sur son territoire. Poutine entend rompre avec la « malédiction des ressources » qui frappe la Russie depuis les années 1990. La « malédiction des ressources » décrit un pays qui dépend fortement des revenus des exportations de matières premières pour importer d’autres produits de première nécessité, négligeant la production nationale dans le processus.

Poutine adhère sans réserve au patriotisme soviétique et au sentiment bien ancré, transmis par des générations de citoyens soviétiques, d’appartenir à une grande puissance dont la voix doit être entendue dans le monde. La Russie ne peut exister qu’en tant que grande puissance, a déclaré Poutine. Ce n’est qu’en tant que grande puissance qu’elle peut prétendre être plus que le pays géographiquement le plus grand de la planète, à savoir sa propre civilisation. De ces deux éléments – puissance et indépendance – découlent beaucoup d’autres choses, comme la lutte contre la culture de la poubelle de l’Occident et le retour aux vraies valeurs, pour lesquelles Poutine s’appuie sur la religiosité orthodoxe et la spiritualité russe.

L’investiture officielle de Poutine pour son nouveau mandat est prévue pour le 7 mai, deux jours avant la Journée de la victoire.

Constantin von Hoffmeister
20 mars 2024.

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