«L’arbitraire est une arme à un si grand nombre de tranchants, que ceux qui la tiennent s’y couperont éternellement les doigts.»
Henri Rochefort
Presque six mois de prison pour Anna Novikova et Vincent Perfetti dont aucune charge probante n’a été retenue pour l’instant. Et pour cause !
Dans notre correspondance, mes amis font montre de force et d’une dignité qui inspirent l’admiration.
Un Corse et une Russe dans les prisons françaises, c’est autre chose qu’un petit Président voyou, vaguement hongrois, qui tire de ses trois semaines en VIP un livre grotesque.
Que me disent-ils en substance ? Pour Anna, « cette expérience de la justice et des prisons françaises » lui apparait « intéressante ». Lui arracher une plainte ou des atermoiements sur ses conditions ? N’y pensez même pas ! Cette Russe de Sibérie est également une Cosaque, c’est-à-dire une dure à cuire sous l’enveloppe frêle d’une jeune femme charmante.
Même lorsqu’elle apprend la mort de son père en Russie, sans avoir pu le revoir là où elle est, elle ne s’épanche pas. Quant à ses jeunes enfants dont je m’inquiète, elle me répond qu’ils sont fiers de leur mère et de leur identité russe. Les chiens ne font pas des chats…
Vincent me confie qu’il est désormais criminalisé, et donc voué à la Cour d’Assise. « Donc, lors de mes déplacements entre la prison et le Palais de Justice, je porte les bijoux chantés par Robert
Brasillach (…) la chaîne aux chevilles » (…) Je sais que la honte retombe sur ceux qui m’infligent cela ». « Toute cette affaire, me dit-il, ne concerne pas uniquement nos modestes personnes, c’est une
véritable atteinte à la liberté d’expression et une volonté de terroriser toute opposition sortant du cadre. Nous sommes sur la même ligne que la mutilation volontaire de Gilets Jaunes lors des manifs ».
Lorsque j’ai suggéré à tel matamore journaliste, directeur d’un soi disant torchon « dissident », de faire écho à cette affaire d’État, le baroudeur en peau de lapin m’a rétorqué qu’il avait assez de problèmes avec les banques et qu’il était tricard désormais sur CNews.
Je l’ai renvoyé à sa lâcheté en omettant de lui rappeler que lorsqu’il se rendait jadis dans le Donbass pour faire le malin, et du pognon, c’était grâce à nos réseaux et à nos amis sur place. Mais le courage et la dignité ne vont pas de pair avec la Carte de Presse.
Christian Rol.
