Le phénomène des « religions politiques »

saint staline 2

« Nous devons redevenir religieux. La politique doit devenir notre religion : cela peut se faire seulement si nous avons, dans notre vision du monde, quelque chose de suprême, qui transforme notre politique en religion. »

(Feuerbach)

« L’infirmité de notre époque, l’infirmité qu’il faut soigner, est précisément celle-ci : qu’on ne parvient pas à s’enflammer pour les idées pures comme au cours d’autres époques pour la rédemption chrétienne, pour la Raison ou pour la Liberté ; et c’est la raison pour laquelle… la crise salutaire de la société moderne devra avoir, tôt ou tard, un caractère profondément religieux. »

(Benedetto Croce)

« L’humanité a besoin aujourd’hui d’une nouvelle religion qui synthétise et organise toutes les superstitions, toutes les petites religions intimes et tous les cultes secrets. »

(T. Marinetti, journal, 1922)

« Le besoin désespéré d’une religion se fait sentir. Le sentiment diffus de la religiosité est présent… mais il n’y a pas de religion. »

(Sergio Panunzio, août 1922)

« Les utopies sont pour les incroyants les substituts des religions. »

(Louis Rougier)

« La suppression de l’absolu divin oblige à restituer l’absolu dans l’humain. Notre époque est une époque d’athéisme et de ‘totalitarisme’. L’Etat est Dieu et les politiciens sont ses prêtres. Seule une ‘religion’ pourra à la longue s’apposer au communisme triomphant. »

(Drieu La Rochelle, Journal, 7 novembre 1944)

[Effectivement, cette nouvelle « religion laïque » sera la « religion des Droits de l’Homme » (qui est en fait un culte de l’individu), qui règne encore (avec sa branche extrême, l’antiracisme/wokisme).]

« …l’homme semble incapable de vivre sans mythe (…). Aussitôt, de nouveaux mythes prennent vie – des mythes politiques et économiques faisant dans le monde présent des promesses extravagantes pour le meilleur des futurs. (…) Néanmoins, l’extrême violence de ces religions politiques trahit l’anxiété qu’elles recouvrent… »

(Alan Watts, Eloge de l’insécurité, 1951)

« Un brouillon ne se travaille jamais assez, dit l’artiste. Staline travailla le peuple russe comme brouillon de la société sans classes. Hitler travailla les races comme brouillon de l’Aryen sublime. (…) Les Pères-Messies des peuples déclarent que, par eux, la perfection règnera dans les siècles futurs. Hitler bâtit pour mille ans. Lénine apportera le bonheur aux lointaines générations. Mais Hitler et Lénine n’ont travaillé qu’à court terme. Le surhomme du nazisme, le camarade en or du communisme sont vite retombés dans des manières d’être non hitlériennes et non léninistes. »

(Louis Pauwels, Ce que je crois, 1974)

« Une caricature [des] centres initiatiques ou traditionnels (…), se retrouve dans (…) [les] ‘hauts lieux’ du nazisme (Nuremberg) ou du communisme (la place Rouge). La parodie de l’acte religieux de soumission de l’être à Dieu y est flagrante. »

(Hadès, Le mythe de l’Antéchrist, 1979)

« On pourrait affirmer que le nazisme et le stalinisme ont été des religions à cause des actes qu’ils ont provoqués. Ils l’ont été dans la mesure où se sous-tendait un évangile, au sens étymologique pur, mais ils ont constitué une aberration de l’esprit religieux parce qu’ils étaient au service d’une société incarnée. »

(Jean Markale, contribution dans L’Europe païenne, 1979)

« Historiquement, comme l’avait bien remarqué Denis de Rougemont, la révolution nationale-socialiste de 1933 est l’équivalent de la révolution française de 1789 et de la révolution russe de 1917. Toutes trois, en dépit de leurs incontestables divergences doctrinales, se caractérisent par l’institution d’un parti unique, la dictature de salut public, la centralisation, la mobilisation des masses, l’usage délibéré de la terreur, la conviction d’inaugurer des ‘temps nouveaux’, de produire une ‘humanité nouvelle’, etc. Dans sa pratique, le nazisme fut un jacobinisme brun tout comme le bolchevisme fut un jacobinisme rouge. »

(Alain de Benoist, entretien dans Eléments, juillet 1997)

« Les totalitarismes sont (…) porteurs d’une conception typiquement occidentale déjà présente dans le christianisme, l’idée d’une minorité privilégiée qui connaît la vérité et qui a le devoir de l’appliquer. A leur façon, le bolchevisme, le fascisme et le nazisme sont des sécularisations du christianisme. Ils ont sécularisé le mythe de la régénération de l’humanité. Tous ces mouvements sont porteurs d’une certaine vision apocalyptique, inexistante dans le libéralisme. »

(Emilio Gentile, interview dans la Nouvelle Revue d’Histoire n° 16, janvier-février 2005)

« Pour prendre l’exemple de l’Etat français, celui-ci possède sa Bible (les droits de l’homme), ses dogmes (le progrès, la fraternité universelle, l’antiracisme, la tolérance, etc.), ses ‘prêtres’ (je ne citerai aucun nom), son tiers-ordre (MRAP, LICRA, SOS-Racisme, la Maçonnerie, etc.), ses tabous et mythes qu’il est dangereux de transgresser (le résistancialisme, la déportation et l’‘extermination’, l’unicité du genre humain, la non-existence des races, la paix universelle, etc.), ses cultes, titres et dates sacrées (la célébration de la Révolution française, l’abolition de l’esclavage, la victoire de 1945, la naissance de tels ou tels ‘pères fondateurs’ ou ‘prophètes’), ses martyrs (Robespierre, Jean Moulin, etc.), son Inquisition (Police, RG et leurs ‘auxiliaires’ civils : journalistes, écrivains, acteurs, membres du clergé et autres vigilants de la pensée unique), ses saints (Zola, Jaurès, Cassin, etc.), sa milice (les nervis sionistes, immigrés et gauchistes) et, évidemment, ses boucs émissaires (l’inusable ‘extrême droite’, le raciste, l’identitaire, l’historien non-conformiste et, d’une manière générale, tous les déviants de la foi républicaine gratuite, laïque et obligatoire. »

(Bernard Marillier, contribution dans Les nouveaux païens, 2005)

« On ne saurait trop insister sur cette soif de religiosité déjà évoquée dans le prologue de ce livre. Quand les foules européennes se sont données au rêve communiste, au rêve fasciste ou à celui du national-socialisme, elles éprouvaient une attente  que les religions classiques de leur époque ne pouvaient plus étancher. Comme l’a montré l’historien Emilio Gentile, le fascisme italien fut une religion séculière, ce que furent aussi le national-socialisme allemand et le communisme, bien que de façon différente. »

(Dominique Venner, Le siècle de 1914, 2006)

« …la religion de l’Humanité [est le] nouvel opium du peuple (…). C’est une religion qui a ses tables de la loi avec les droits de l’homme, autrement dit les droits du zombi (Montcorbier). Elle a ses dogmes et ses bras séculiers. Elle pourchasse le Mal : être différent, cultiver l’esprit critique ou de ne pas être dupe de l’humanisme moralisateur. »

(Dominique Venner, Le siècle de 1914, 2006)

« On pouvait même répliquer que le nazisme, à l’instar du communisme, était une autre utopie révolutionnaire, qui voulait aussi forger un homme nouveau et imposer non la dictature du prolétariat mais celle de la race supérieure, par-delà les désuets attachements à sa classe, à sa nation, aux hiérarchies traditionnelles. Deux avenirs radieux de l’Humanité, deux Empires de mille ans, deux religions nouvelles érigeant leurs terribles dieux assoiffés de sang sur les ruines du ‘Dieu’ judéo-chrétien dont Nietzsche avait annoncé prophétiquement la ‘mort’. »

(Eric Zemmour, Le suicide français, 2014)

« …le libéralisme – dont le madrier central est précisément le mythe égalitaire – est maintenant essentiellement une religion. Pas une bonne religion comme le bouddhisme, qui donne aux adhérents un grand nombre de libertés en termes de croyance, mais une mauvaise et néfaste religion comme l’islam qui impose impitoyablement une orthodoxie, interdit la  dissidence, et persécute et détruit les non-croyants. »

(Jeff Costello, article sur le site web “Counter-currents”)

« Les progrès de la physique et de la biologie ont ridiculisé à jamais les féeries créativistes de la Genèse et rendus fort improbables certains mystères. Là-dessus, passa la tornade marxiste, dans laquelle de nouveaux Moïse des relations humaines promettaient un Éden terrestre, dans un avenir indéterminé et réservé au nouveau ‘peuple élu’, celui des fils et des filles du prolétariat.

D’autres divinisèrent la Patrie et les Grands Ancêtres : Mustafa Kemal, Mussolini et les théoriciens nippons de la Plus Grande Asie sont les plus connus. »

(Bernard Plouvier, « Quels remèdes à l’actuelle déréliction occidentale ? », mai 2019

« En fait, le libéralisme a pris la place de la religion. Les dogmes de la conception libérale – du progrès, de l’individu, de la personne – sont, en fait, une sorte de théologie. Elle n’a pas de dimension divine, mais elle insiste sur des dogmes, des règles et des normes, tout comme le faisait la théologie médiévale. »

(Alexandre Douguine, article, fin juillet 2022)

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