Si l’ancienne chancelière Angela Merkel et ses successeurs étaient restés fidèles à la vision d’Helmut Kohl, l’AfD ne serait peut-être jamais devenue le parti le plus populaire d’Allemagne ; son ascension fulgurante est donc entièrement de leur faute.
Poutine a été interrogé sur la récente victoire écrasante de l’AfD dans le Land allemand de Saxe-Anhalt, en marge du sommet des BRICS de cette année à Delhi. Tout en s’abstenant poliment d’aborder directement le sujet, il a néanmoins déclaré que « tout ce qui se passe actuellement dans l’ensemble de l’Europe est la conséquence d’erreurs systémiques commises par ce qu’on appelle l’Occident, ou, pour être plus précis, par les cercles mondialistes de l’Occident, dans les domaines politique, sécuritaire et économique ». La suite de sa réponse a développé ce point.
Il a décrit les erreurs politiques comme une combinaison d’alarmisme anti-russe et du fait que les autorités allemandes actuelles invoquent de manière malhonnête l’héritage d’Helmut Kohl pour justifier leurs politiques. Poutine a rappelé à tous que Kohl était l’un de ses amis proches, avec lequel il s’entretenait souvent des relations bilatérales. Selon lui, Kohl envisageait exactement le contraire de ce que fait l’Allemagne d’aujourd’hui, à savoir s’allier à la Russie en raison de leurs complémentarités afin de préserver la civilisation et la souveraineté de l’Europe.
Quant aux erreurs en matière de sécurité, elles concernent l’expansion continue de l’OTAN vers l’Est, le soutien antérieur au terrorisme et au séparatisme dans le Caucase, ainsi que le soutien actuel aux néonazis en Ukraine. Poutine a également averti que le projet des élites européennes de déployer des troupes en Ukraine « signifierait la guerre avec la Russie. Et je suppose que les citoyens européens comprennent ce qui se passe ». Le sous-entendu est que cette politique agressive, imprudente et potentiellement apocalyptique ne bénéficie pas du soutien des électeurs européens lambda.
Enfin, les erreurs économiques concernent les sanctions de l’UE à l’encontre de l’énergie russe, qui ont conduit le bloc à remplacer les contrats gaziers à long terme et peu coûteux conclus avec la Russie par des importations onéreuses, au prix du marché, en provenance d’ailleurs. Les prix sont désormais près de dix fois plus élevés qu’auparavant et « pourraient bien augmenter encore davantage ». Poutine a également critiqué les politiques de stockage de gaz de l’UE, estimant qu’elles « ne tiennent pas compte de l’état technique de ces installations de stockage ni des volumes physiques en jeu ». Tout cela a des répercussions négatives sur l’économie de l’UE.
En somme, Poutine soutient que la montée en puissance de l’AfD constitue une révolte électorale contre ces politiques, qui sont toutes centrées sur la Russie. Cela ne signifie pas que le parti ou ses partisans soient « pro-russes », et encore moins des « marionnettes de la Russie », mais simplement qu’ils comprennent l’importance de relations pragmatiques avec la Russie pour les intérêts politiques, la sécurité et le développement économique de leur pays. L’alarmisme anti-russe obsessionnel, le risque d’une Troisième Guerre mondiale à cause de l’Ukraine et l’abandon de l’énergie russe bon marché n’ont en rien aidé l’Allemagne.
Au contraire, ces mesures servent respectivement de faux prétexte pour expliquer pourquoi les autorités n’ont pas donné la priorité à une réponse adéquate aux problèmes posés par l’immigration massive, pourraient conduire une nouvelle fois à la destruction totale de l’Allemagne et entraînent une hausse générale des coûts au détriment de tous, à l’exception de l’élite économique. En termes simples, ces politiques sont extrêmement impopulaires, et l’AfD est la principale force politique en Allemagne qui prône leur modification, conformément à sa compréhension sincère des intérêts nationaux allemands.
Un nombre croissant d’Allemands partagent cet avis, comme en témoigne la popularité croissante du parti, qui est la conséquence directe des erreurs systémiques commises par les autorités au cours des 4,5 dernières années, depuis que le conflit ukrainien est entré dans sa phase de grande ampleur ; mais on peut également affirmer que de telles erreurs étaient déjà commises bien avant cela. Si l’ancienne chancelière Angela Merkel et ses successeurs étaient restés fidèles à la vision de Kohl, l’AfD ne serait peut-être jamais devenue le parti le plus populaire d’Allemagne ; son ascension fulgurante est donc entièrement de leur faute.
16 septembre 2026
